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Interview de Pascal Gentil

Pascal Gentil, malgrès son emploi du temps surchargé depuis son retour de Sydney (télés, repas à L'Elysée, etc.), a accepté de nous accorder quelques minutes et de répondre à nos questions.

Avec du recul, le médaillé de bronze aux J.O revient sur son parcours aux Jeux, le fameux combat face au Coréen, l'ambiance du village olympique et sa relation avec son entraîneur.

WEBTKD - Comment es-tu rentré dans la compétition ? Comment te sentais-tu ?

P.G. - J'étais confiant. J'étais bien préparé. J'étais serein parce que je m'étais bien entraîné durant tous ces mois.

WEBTKD - Tu bas l'Egyptien puis le Cubain par K.O. Que penses-tu de ton parcours jusque là ?

P.G. - En fait, je n'étais pas spectateur, j'étais acteur, je ne me posais pas de questions. La journée n'était pas finie, donc il fallait surtout rester très concentré et donner le maximum. Mais plus ça allait et plus j'étais confiant, plus je montais en puissance.

WEBTKD - Sais-tu si le Cubain a eu des suites après son K.O. ?

P.G. - Je ne pense pas. Il était sonné sur le coup, mais 5 mn après, je pense que c'était bon.

WEBTKD - Venons-en au combat contre le Coréen. Avec ce problème des points as-tu perdu ta lucidité ?

P.G. - A 2/0, je me suis dit qu'il se passait quelque chose, que j'étais en train de me faire voler par l'arbitrage. J'ai tout fait pour essayer d'inverser la tendance, mais c'est vrai que je me suis énervé. Mais je crois que je n'avais pas d'autre solution : si je n'avais rien tenté, je n'aurais pas pu marquer tout seul.

WEBTKD - En faisant abstraction de la façon dont le combat s'est déroulé, qu'est-ce que tu penses du Coréen ?

P.G. - C'est un bon combattant. J'aurais aimé voir ce que le combat pouvait donner sans l'arbitrage en sa faveur.

WEBTKD - Comment at-il réussi à te coincer ?

P.G. - Il a cassé le rythme en collant, en m'empêchant de travailler. Il a fui le combat, il était tout le temps par terre. Il a joué de l'intox.

WEBTKD - On t'a vu à la fin de ce combat à genoux, complètement dégoûté. Comment as-tu réussi à te remotiver pour le repêchage et la médaille de bronze ?

P.G. - Je n'ai pas l'habitude de baisser les bras et ce n'était vraiment pas le moment de le faire ! Il fallait continuer, il fallait avancer.

WEBTKD - Tu as dit à plusieurs reprises que tu étais venu pour l'or. La médaille de bronze, pour toi, c'est un lot de consolation ou un vrai trophée ?

P.G. - C'est un prix de consolation, c'est mieux que rien.



Un homme occupé...

WEBTKD - Tu n'as pas l'impression qu'il y avait une trop grosse pression de la part des médias français et de tout l'entourage du Taekwondo français ?

P.G. - C'est vrai qu' il y avait une pression et c'était normal parce que les J.O. c'est la compétition de référence mais j'ai bien réussi à gérer ce stress et cette pression, en m'y étant bien préparé.

WEBTKD - Est-ce que tu as pu suivre le parcours de Myriam ?

P.G. - Bien sûr. Je crois qu'elle a craqué mentalement. Elle était bien préparée, mais elle n'était pas en confiance face à cette Vénézuélienne, ce qui a fait qu'elle n'a pas pu inverser la vapeur.

WEBTKD - On sait que tu es déçu. N'as-tu pas quand même des raisons d'être satisfait ?

P.G. - Je suis content d'avoir donné mon maximum, d'avoir combattu comme il le fallait. Mais je reste déçu car je pouvais avoir la médaille d'or.

WEBTKD - On t'a vu retrouver le sourire après le repêchage et saluer le public. Avais-tu déjà connu un moment comme ça ?

P.G. - J'étais mi-figue mi-raisin. Je partais sur une victoire alors que d'habitude, quand on perd une compétition, on part sur une défaite. J'ai partagé ce moment avec le public qui était génial : les Australiens aiment le sport. Il y avait aussi des Coréens qui étaient là pour me féliciter car ils aiment le beau Taekwondo.

WEBTKD - Tu as eu un rôle très actif d'ambassadeur du Taekwondo, avec des reportages de la télé, ta prestation en combat ? Comment l'as-tu vécu ?

P.G. - Ce n'est pas un rôle que je joue, je suis comme ça, tout simplement. Je le referai avec plaisir.

WEBTKD - Dans le village olympique, as-tu eu des relations avec d'autres sportifs ?

P.G. - Pendant la cérémonie d'ouverture, j'ai rencontré Maurice Green, Ato Boldon, Venus et Serena Williams, Arantxa Sanchez. On a échangé quelques mots, pris des photos ensemble. Ce qui est formidable aux J.O., c'est qu'on cotoie les meilleurs athlètes de la planète mais il y a un respect parce qu'ils savent qu'on fait tous partie de l'élite et que si on est là c'est parce qu'on a beaucoup travaillé pour cela. Alors, ça se passe hyper bien !

WEBTKD - Comment a été ta relation avec ton coach, Patrick Stanczak ?

P.G. - Patrick Stanczak, c'est un grand monsieur pour moi, quelqu'un que j'apprécie depuis longtemps. On a fait beaucoup de route ensemble. Il me suit depuis mon premier championnat d'Europe en 94 où j'avais décroché le titre. Il y a un lien très fort entre nous. Il n'y a que le sport qui puisse faire vivre des moments pareils avec autant d'émotion, d'intensité, sans compter tout ce que nous avons fait ensemble pour préparer ces JO : cela crée forcément des liens. Dans une équipe, on s'entend bien avec tout le monde, mais la relation avec l'entraîneur est la plus forte.

WEBTKD - Quand te reverrons-nous sur les tatamis ?

P.G. -
En janvier, aux championnats de France.

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