Interview de Ruddy Coldold

Ruddy Coldold fait partie de la nouvelle génération des champions français. Et s'il fait des résultats dans les championnats nationaux et internationaux, il mène également une carrière professionnelle.
Avec nous, il évoque sa double activité et les efforts qu'elle nécessite, ses succès de la saison dernière et la raison de sa non-participation au championnat du Monde.

"Ma motivation au Taekwondo, c'est d'affronter des adversaires de plus en plus coriaces"

WEBTKD - Peux-tu te présenter ?

R.C - Je m'appelle Rudy Coldold, né le 28 novembre 1978 à Fort de France en Martinique. Je pratique le Taekwondo depuis 10 ans au club de Créteil. J'ai également fait des études d'architecture et je travaille comme architecte d'intérieur. Enfin, je participe à deux entraînements du Pôle INSEP chaque semaine.

WEBTKD - Quels est ton palmarès ?

R.C - Je suis champion de France N2, champion de France N1, deuxième de la coupe de France, vainqueur à France-Israël et j'ai des titres en Opens (à Antony, en Belgique...).

WEBTKD - Quand as-tu pris conscience que tu pouvais faire de bons résultats en compétition ?

R.C - C'est à l'Open d'Antony, quand j'ai commencé à sortir des compétiteurs étrangers, des Espagnols, des Iraniens, que j'ai réalisé que j'avais un véritable potentiel.

WEBTKD - Tu as une double activité, avec une activité professionnelle prenante. Comment arrives-tu à gérer cela?

R.C - Tout dépend de l'importance de la compétition. Si c'est une compétition importante pour moi, le matin, je me lève à 5h pour aller courir jusqu'à 6h. A 8h, je suis au travail. Je m'entraîne tous les jours de la semaine. Le dimanche, je fais des rounds avec des copains.

WEBTKD - On parle beaucoup de sport et argent. Certains athlètes des pôles disent qu'ils n'arivent pas à vivre. Toi, si tu compares les avantages et les inconvénients de ta situation, quel bilan fais-tu ?

R.C - L'avantage c'est le salaire... L'inconvénient, c'est de ne pas pouvoir m'entraîner de façon plus régulière avec les athlètes du pôle. Mais je sais qu'un travail personnel plus abouti peut me permettre de compenser cela. De moi-même, je sais que je dois aller courir, je sais que je dois travailler telle technique. Et en plus, je suis bien encadré dans mon club.

WEBTKD - Aimerais-tu intégrer totalement l'INSEP ?

R.C - Oui, mais je ne pense pas que l'INSEP serait prêt à me verser le salaire que je touche. Et, en dehors du Taekwondo j'ai une vie.

WEBTKD - Mais il y a des athlètes qui se consacrent totalement au Taekwondo...

R.C - Oui, mais ils ne sont pas vraiment libres. Mon travail m'occupe beaucoup, m'occupe l'esprit et ça me fait du bien. Cela me donne un équilibre. Ma motivation au Taekwondo, c'est l'envie de me battre et d'affronter des adversaires de plus en plus coriaces. Le mérite que je me donne c'est l'affrontement. L'important, c'est le coeur. Si je vais courir le matin avant d'aller travailler, si j'accepte les blessures, c'est par amour du Taekwondo.

WEBTKD - Penses-tu que les jeunes ont raison de se lancer à fond dans le Taekwondo et de ne se consacrer qu'à ça ?

R.C - C'est un choix à faire. Il faut savoir le risque qu'il y a à ne faire que du Taekwondo. Au bout d'un moment il y a un ras-le-bol, une lassitude. Et on remarque souvent que les jeunes internes des pôles abandonnent beaucoup plus que ceux qui font d'autres choses à côté.

WEBTKD - Tu pars aussi en compétition seul. Est-ce pour compenser le fait que tu ne pars pas assez avec l'équipe de France ?

R.C - En fait les compétiteurs de l'équipe de France ne sortent pas tellement. L'avantage que j'ai avec le club de Créteil c'est que je tourne avant, et quand j'arrive en international avec l'équipe de France, c'est quasiment du déjà vu.

WEBTKD - Tu penses donc qu'un combattant qui n'est pas dans un pôle peut réussir au niveau international ?

R.C - Bien sûr. Il n'y a pas de limites. C'est au compétiteur de s'adapter pour avoir de l'opposition, pour faire des rounds à longueur de journée. Et dans ces conditions, on peut y arriver.


Ruddy Coldold lors de France-Israël

WEBTKD - Que retiens-tu du championnat de France 2003 ?

R.C - Il a été assez difficile à préparer car physiquement j'ai fait un gros effort de régime pour passer de 64 kg deux mois avant, à 62 kg. Tout le travail technique a été dans la perte de poids. Je n'ai pas eu de problème au premier tour. Au deuxième tour, je suis tombé contre mon rival Aziz Bartal, que je félicite. Le mental était là et j'ai gagné. Au 3e tour, je suis tombé contre quelqu'un que je ne connaissais pas et au 4e tour contre Sami Selmi. Je pense que j'ai bien joué le coup lors de cette compétition.

WEBTKD - Après ce championnat de France, on aurait pu s'attendre à te voir au championnat du monde. Alors, que s'est-il passé ?

R.C - Lors du championnat de France, j'ai subi le contrôle anti-dopage et j'ai été contrôlé positif à la prednisolone. J'ai ensuite passé une contre-expertise qui a été négative. C'est pour cette raison que je n'ai pas été sélectionné pour le championnat du monde.
Je comprends la décision de la fédération. Si la contre-expertise avait été positive et si j'avais gagné une médaille au championnat du monde, on aurait pu me retirer cette médaille. Ce que je n'ai pas compris, c'est qu'on ait laissé autant traîner les choses entre le ministère et la fédé. Cette lenteur m'a empêché de participer à des compétitions pour lesquelles je m'étais préparé à fond. Mais au fond l'essentiel, c'est que la vérité soit faite et qu'il soit bien clair que je n'ai pas pris de substances.

WEBTKD - Que faut-il faire pour progresser en compétition ?

R.C - Tout d'abord, ce n'est pas en regardant des compétitions ou des cassettes assis dans sa chaise qu'on peut faire quelque chose. C'est l'entraînement qui fait la différence. Et ensuite, gagner, c'est d'abord perdre ! Cela donne de l'humilité. Celui qui n'est jamais tombé ne se relèvera pas.

WEBTKD - As-tu la même attitude avant et pendant le combat ?

R.C - Il ne faut jamais être arrogant, ni haineux. En dehors de l'aire de combat, j'ai un total respect pour mes adversaires. Et, c'est uniquement sur l'aire de combat que je deviens violent ! (rires) Le champion combat pour lui et pas pour le public et je ne pense pas qu'il soit un modèle. Il ne faut pas penser à l'image que l'on veut donner. Mais il est quand même essentiel d'avoir une attitude irréprochable, d'être calme, serein quand le combat est fini.

WEBTKD - Quels sont tes prochains objectifs ?

R.C - Je vais tout faire pour gagner le championnat de France, partir au championnat d'Europe et gagner ce championnat ! Je ferai tout pour ça et je risque de devenir violent en combat pour ça...

WEBTKD - Quel est ton plus mauvais souvenir en TKD ?

R.C - Lors de mon premier championnat de France N1, en finale face à Aziz Bartal. Je l'avais battu au N2 et à Antony et je me suis cru sur la plus haute marche du podium. Ca a été une leçon pour moi et ça reste un souvenir terrible.

WEBTKD - Quel est ton meilleur souvenir en TKD ?

R.C - C'est ma finale de la coupe de France face au Coréen, vainqueur de l'Open de Chunchon. Il m'a sorti des coups de pied volants à la tête et j'étais heureux en sortant intact, indemne...

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